Les mots ne me font pas de cadeaux
Si j’en dis peu déjà c’est trop
Si j’en dis long me font défaut
Les paroles qui s’envolent
Vont bien trop vite et trop haut
Et me retombent sur le dos
Pour un petit mot de trop
Je sais bien que je risque gros
Souvent je les envoie légers
Comme sans vraiment y penser
Contents juste d’exister
Mais une fois arrivés
Ils font des mines, me jouent des tours
Deviennent piquants et hérissés
Pour un seul mot déplacé
Je pourrais me casser le nez
Et quand, devenant méfiant
j’adopte un silence prudent, instantanément
Les mots s'ils sont absents
N'en sont pas plus aimables pour autant
Car je deviens chiant
Écrits, je leur tourne tout autour
De loin, je les regarde venir
Je les enroule, les étire
Ils vont, en s'appareillant
Chacun tirant le précédent
Poussant celui de devant
Pour un petit mot charmant
Moi je n’en demandais pas tant
Certains, fougueux et mordants
Imbus de leur tempérament
Je les isole, indépendants
Ils trônent remplis de mépris
Pour les utiles et les petits
Que malgré tout moi j’aime aussi
Pour un petit mot gentil
Viens donc voir par ici
Ding dong da dou ding dong...